Les 150 ans de la Commune de Paris

A l’occasion du 150Ăšme anniversaire de la Commune de Paris, la ville revient sur cet Ă©vĂ©nement historique mĂ©connu qui a cependant eu des rĂ©percussions au Kremlin-BicĂȘtre.

Le 18 mars 1871, les Parisiens prenaient les armes pour se rĂ©volter contre le gouvernement d’Adolphe Thiers. Retour sur 4 figures communardes qui ont marquĂ© cette insurrection.

Louise Michel (1830-1905)

Institutrice et militante anarchiste aux idĂ©es fĂ©ministes, c’est l’une des figures majeures de la Commune de Paris. RĂ©publicaine rĂ©voltĂ©e par la misĂšre ouvriĂšre, elle devient blanquiste, ralliĂ©e Ă  la rĂ©volution socialiste et Ă  l’insurrection. Louise Michel soutient les plus radicaux des communards.

Elle combat sous l'uniforme des gardes nationaux, au premier rang dans la dĂ©fense de l'ouest parisien. Elle Ă©chappe aux arrestations pendant la Semaine sanglante (21 mai 1871 - 28 mai 1871), mais comme les Versaillais ont emprisonnĂ© sa mĂšre, elle se livre en Ă©change de sa libĂ©ration. CondamnĂ©e par le conseil de guerre, elle sera dĂ©portĂ©e en Nouvelle-CalĂ©donie. AprĂšs deux ans d’exil, elle  revient acclamĂ©e par le peuple. Louise Michel reprend son activitĂ© militante en sillonnant inlassablement le pays pour porter la bonne parole rĂ©volutionnaire, exaltant la rĂ©volte ouvriĂšre et l’émancipation fĂ©minine.

Jean-Baptiste Clément (1836-1903)

Chansonnier montmartrois, connu notamment pour sa chanson « Le temps des cerises » et communard, il porte aujourd’hui le nom de l’une des places du Kremlin-BicĂȘtre. Vous pouvez Ă©galement vous recueillir sur sa tombe situĂ©e au cimetiĂšre du PĂšre Lachaise (Paris XXeme). 

En 1870, Il collabore à divers journaux d'opposition au Second Empire, tels que La Réforme. Jean-Baptiste Clément est alors condamné pour avoir publié un journal non cautionné par l'empereur. Il est emprisonné jusqu'au soulÚvement républicain du 4 septembre 1870. Membre de la Garde nationale, il participe aux différentes journées de contestation du Gouvernement de la Défense nationale le 31 octobre 1870 et le 22 janvier 1871. Le 26 mars 1871, il est élu au Conseil de la Commune dans le XVIIIe arrondissement. Dans Le Cri du peuple, il proteste contre la fermeture de certains journaux d'opposition à la Commune. Combattant sur les barricades pendant la Semaine sanglante (21 mai 1871 - 28 mai 1871), il écrit peu aprÚs la chanson La Semaine sanglante qui dénonce la violente répression contre les communards.

En 1885, il fonde le cercle d'Ă©tudes socialistes, l'Étincelle de Charleville et la FĂ©dĂ©ration socialiste des Ardennes qui participe en 1890 Ă  la crĂ©ation du Parti ouvrier socialiste rĂ©volutionnaire. Lors de son inhumation au cimetiĂšre du PĂšre-Lachaise le 26 fĂ©vrier 1903, entre quatre et cinq mille personnes assistĂšrent Ă  la cĂ©rĂ©monie.

SĂ©verine (de son vrai nom Caroline Remy) (1855-1929)

Journaliste, Ă©crivaine fĂ©ministe et libertaire française, elle n’a pas connu la Commune, mais presque puisqu’elle Ă©tait l’amie et la collaboratrice du communard Jules VallĂšs et fut la premiĂšre femme journaliste Ă  vivre de sa plume. Elle devint rĂ©dactrice en chef du journal de VallĂšs « le Cri du Peuple » Ă  la mort de celui-ci. Elle dĂ©fend Dreyfus, le pacifisme pendant la grande guerre, les ouvriers, les opprimĂ©s, et les femmes et leur droit Ă  l’avortement. Elle ne se contente pas d’écrire, elle descend dans la mine aprĂšs l’accident de Saint-Etienne en 1890 qui fit 113 victimes. Sensible Ă  la cause ouvriĂšre, elle lance une souscription pour aider les familles des victimes. Elle fonde en 1897 le premier journal fĂ©ministe, « La Fronde ». Eternelle insurgĂ©e, en rĂ©volte contre l’injustice, elle est membre de La Ligue des Droits de l’Homme  de 1898 jusqu’à son dĂ©cĂšs en 1929. Elle est une figure incontournable de la Belle Ă©poque. Son nom a Ă©tĂ© proposĂ© Ă  plusieurs reprises pour le Prix Nobel de la Paix.

Louis Rossel (1844-1871)

Il est le seul officier supĂ©rieur de l'ArmĂ©e française Ă  avoir rejoint la Commune de Paris en 1871, dĂšs le 19 mars 1871. Il joue un rĂŽle important comme dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la Guerre. Une rue de la ville porte aujourd’hui son nom.

Durant la guerre franco-allemande de 1870, il est capitaine du gĂ©nie Ă  Metz. Il estime alors que la guerre peut encore ĂȘtre gagnĂ©e, mais considĂšre que certains hommes politiques, comme Adolphe Thiers, ne le souhaitent pas. La raison de cette « abdication » viendrait selon lui du souhait de ces derniers de restaurer un ordre moral conservateur voire monarchique.

Le 22 mars 1871, il devient chef de la 17e lĂ©gion de la Commune, puis le 3 avril, chef d’état-major de la Commune. Il considĂšre alors que cette derniĂšre court Ă  sa perte si ses soldats ne s'organisent pas. En effet, la plupart d'entre eux dĂ©sertent ou refusent tout combat alors mĂȘme que l'armĂ©e rĂ©guliĂšre des Versaillais, trĂšs entraĂźnĂ©e, se trouve aux portes de la capitale. Louis Rossel devient prĂ©sident de la cour martiale, le 16 avril, mais dĂ©missionne, le 24 avril, ulcĂ©rĂ© par son manque de moyens et d'Ă©coute. La Commune, allant dans son sens, le nomme le 30 avril dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la Guerre. Cependant, les moyens lui manquent et l'armĂ©e des Communards n'est guĂšre formĂ©e Ă  se battre. Sur les 200 000 hommes officiellement Ă  la Garde nationale, seule une partie se bat. ArrĂȘtĂ© par les Versaillais le 7 juin 1871, il dĂ©clare alors prĂ©fĂ©rer ĂȘtre « du cĂŽtĂ© des vaincus, du cĂŽtĂ© du peuple ».

Le cimetiĂšre communal

Lorsque la commune du Kremlin-BicĂȘtre est crĂ©Ă©e le 13 dĂ©cembre 1896,  la loi autorise la ville Ă  inhumer ses morts dans le cimetiĂšre de Gentilly pour une pĂ©riode maximale de 3 ans.

DĂšs 1897, la nouvelle municipalitĂ© cherche Ă  acquĂ©rir un terrain pour y installer un cimetiĂšre communal. La commune acquiert auprĂšs de la Ville de Paris, une partie de l’ancien enclos du cimetiĂšre parisien dit d’Ivry, 55 300 mÂČ au prix de 5 francs le mÂČ. Afin de crĂ©er une voie (actuelle avenue du cimetiĂšre communal, permettant d’accĂ©der au cimetiĂšre depuis l’avenue de Fontainebleau), la ville acquiert Ă©galement auprĂšs d’un particulier, une parcelle d’environ 825 mÂČ.

S’engageant Ă  respecter les soldats morts pendant la guerre franco-prussienne de 1870 qui Ă©taient inhumĂ©s sur la parcelle, l’érection d’un monument commĂ©moratif est dĂ©cidĂ©e par la municipalitĂ© et inaugurĂ© le 3 septembre 1899. Un carrĂ© militaire rend Ă©galement hommage aux victimes des guerres de 14-18 et de 39-45.

Dans les années 1990, un columbarium est installé par la municipalité afin de recevoir des urnes funéraires. Un « jardin du souvenir » est également réalisé, afin de permettre la dispersion des cendres aux familles qui le souhaitent.

Parmi les tombes, notamment, celle d’EugĂšne Thomas, premier maire de la commune de 1897 Ă  1919 ; celles des 4 rĂ©sistants kremlinois fusillĂ©s en 1944 au Mont ValĂ©rien : Lucien Baillon, AndrĂ© Brier, LĂ©onard Brugnaud et AndrĂ© Lamarre ; ou encore, pour les amateurs d’accordĂ©on, celle d’Emile Vacher !

Le saviez-vous ?

En 1948, lors du déplacement du monument aux morts de la guerre de 1870, une lettre mystérieuse est découverte dans le socle. Elle est signée EugÚne Thomas. Il y rend un hommage vibrant à tous les insurgés qui ont lutté lors de la Commune de Paris, alors que la capitale était assiégée suite à cette défaite : "...Générations qui me lirez, soyez les soldats de la Revanche pour l'honneur des défenseurs de la Liberté...Au nom de la Cause, et par respect pour ceux qui reposent ici. Je salue l'Úre du peuple libre réuni sous le drapeau communaliste."

Sources :

Culture
Les rendez-vous culturels
La médiathÚque l'Echo
Le Conservatoire Ă  rayonnement intercommunal du Val de BiĂšvre
L'ECAM - ThĂ©Ăątre du Kremlin-BicĂȘtre

Le kiosque